Fiscalité locative FR · 2026

Micro-foncier vs Régime réel

Abattement forfaitaire 30 % ou déduction réelle des charges — seuil des 15 000 €, déficit foncier et le point de bascule exact selon vos charges.

Seuil 15 000 €Abattement 30 %Déficit foncier10 700 €/an imputable

Les deux régimes en un coup d'œil

Les revenus fonciers — loyers issus de locations nues (non meublées) — sont imposés à l'IR dans la catégorie des revenus fonciers. Deux régimes coexistent : le micro-foncier, simplifié, avec un abattement forfaitaire de 30 %, et le régime réel, qui permet de déduire l'ensemble des charges réelles. Le choix entre les deux repose sur un calcul simple : si vos charges dépassent 30 % de vos revenus, le réel est plus avantageux.

Important : ces régimes s'appliquent uniquement à la location nue. La location meublée (LMNP) relève du régime BIC, non des revenus fonciers.

Micro-foncier — conditions et fonctionnement

Le micro-foncier est accessible automatiquement si vos revenus fonciers bruts annuels ne dépassent pas 15 000 €. Au-delà, vous basculez obligatoirement au régime réel. En dessous du seuil, vous pouvez choisir l'un ou l'autre — avec engagement de 3 ans si vous optez pour le réel.

Micro-foncier — loyers 12 000 €/an
Revenus fonciers bruts12 000 €
Abattement forfaitaire 30 %−3 600 €
Revenu foncier net imposable8 400 €
Impôt IR (TMI 30 %)2 520 €
Prélèvements sociaux 17,2 %1 445 €
Total impôts + PS3 965 €

Régime réel — charges déductibles

Au régime réel, vous déduisez l'ensemble des charges effectives. La liste est large et souvent sous-exploitée par les propriétaires :

Charges déductibles

  • Intérêts d'emprunt et frais de dossier
  • Taxe foncière (hors ordures ménagères)
  • Primes d'assurance (PNO, GLI)
  • Frais de gestion et d'agence
  • Travaux d'entretien et de réparation
  • Frais de copropriété (charges récupérables exclues)
  • Honoraires d'expert-comptable

Non déductibles au réel

  • Travaux de construction ou d'agrandissement
  • Amortissement du bien (location nue)
  • Charges récupérables sur le locataire
  • Remboursement du capital d'emprunt
  • Dépenses financées par subvention
  • Frais personnels non liés à la location

Le point de bascule — quand le réel devient plus avantageux

Le micro-foncier applique 30 % d'abattement forfaitaire. Le régime réel est donc plus avantageux dès que vos charges déductibles dépassent 30 % de vos revenus bruts. En dessous, le micro est plus simple et souvent suffisant.

Comparaison — loyers 12 000 €, charges réelles 5 000 € (42 %)
Micro-foncier — base imposable (−30 %)8 400 €
Régime réel — base imposable (−5 000 €)7 000 €
Différence de base imposable−1 400 €
Économie d'impôt IR + PS (TMI 30 %, 47,2 % total)~661 €/an

Le déficit foncier — l'arme fiscale du régime réel

C'est l'atout majeur du régime réel. Si vos charges déductibles dépassent vos revenus fonciers, vous créez un déficit foncier, imputable sur votre revenu global à hauteur de 10 700 € par an (plafond porté à 21 400 € pour certains travaux de rénovation énergétique). Le surplus est reportable sur les revenus fonciers des 10 années suivantes.

Déficit foncier — loyers 8 000 €, charges 20 000 € (travaux)
Revenus fonciers8 000 €
Charges déductibles (dont travaux)−20 000 €
Déficit foncier généré−12 000 €
Imputable sur revenu global (plafond 10 700 €)−10 700 €
Report sur revenus fonciers futurs−1 300 € (10 ans)
Économie IR @ TMI 30 % + PS sur 10 700 €~5 050 €

Tableau de décision — micro ou réel ?

SituationRégime conseilléRaison
Revenus > 15 000 €/anRéel obligatoirePas le choix
Charges < 30 % des loyersMicro-foncierAbattement > charges réelles
Charges 30–50 % des loyersRéel conseilléDéduction supérieure à 30 %
Gros travaux à venirRéel impératifDéficit foncier imputable
Crédit immobilier avec intérêts élevésRéel conseilléIntérêts déductibles
Bien récent sans charges importantesMicro-foncierSimplicité + abattement suffisant
Conclusion

Le micro-foncier est idéal pour les propriétaires avec peu de charges et des revenus sous 15 000 € — simplicité maximale, pas de comptabilité. Le régime réel s'impose dès que vos charges réelles dépassent 30 % des loyers, ou dès que vous avez des travaux significatifs à réaliser. Le déficit foncier est l'un des rares mécanismes permettant de réduire l'IR sur d'autres revenus — à ne pas négliger si vous êtes dans une tranche marginale élevée.

Questions fréquentes

Peut-on passer du micro-foncier au réel et inversement ?
Oui, mais avec contraintes. L'option pour le régime réel est valable 3 ans et reconductible tacitement. Elle ne peut pas être révoquée avant ce délai. À l'inverse, si vous êtes au micro-foncier et passez au-dessus de 15 000 €, le basculement au réel est automatique et obligatoire. En dessous du seuil, le micro s'applique de plein droit sauf option expresse pour le réel.
Les travaux de rénovation énergétique sont-ils déductibles ?
Oui — les travaux d'entretien et de réparation sont déductibles au régime réel. Pour les travaux de rénovation énergétique réalisés dans des logements classés E, F ou G (passoires thermiques), le plafond du déficit foncier imputable sur le revenu global est doublé à 21 400 € (sous conditions, jusqu'en 2025 initialement, prolongé). Les travaux de construction ou d'agrandissement restent non déductibles.
Comment déclarer les revenus fonciers en régime réel ?
Au régime réel, les revenus fonciers sont déclarés sur le formulaire 2044 (ou 2044 SPE pour certains dispositifs). Ce formulaire détaille l'ensemble des recettes et charges déductibles. Le résultat (bénéfice ou déficit) est reporté sur la déclaration 2042. Le recours à un expert-comptable ou à un logiciel spécialisé est recommandé pour optimiser les déductions et éviter les erreurs.
Le déficit foncier peut-il s'imputer sur tous les revenus ?
Partiellement. La fraction du déficit provenant des intérêts d'emprunt ne peut s'imputer que sur les revenus fonciers des 10 années suivantes — pas sur le revenu global. Seule la partie du déficit générée par les autres charges (travaux, gestion, assurance, taxe foncière) est imputable sur le revenu global, dans la limite de 10 700 € par an. Cette distinction est souvent mal comprise et source d'erreurs déclaratives.
Le micro-foncier est-il compatible avec un dispositif de défiscalisation ?
Non pour la plupart des dispositifs. Les logements bénéficiant de réductions d'impôt liées à un régime spécial (Denormandie, Malraux, Monuments Historiques, déficit foncier spécial) sont exclus du micro-foncier. Ils relèvent obligatoirement du régime réel. Vérifiez toujours la compatibilité avant d'acquérir un bien sous dispositif fiscal particulier.